TOUS CRAMÉS !
« Tous Cramés ! » Illustration : "Que chuchote le paraclet, le consolateur ?"
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Il faut rendre aux symboles leur fonction et les explorer de nouveau. Dès que nous évoquons la fête de la Pentecôte, nous nous imaginons le groupe des Apôtres, apeurés dans le Cénacle, qui soudainement voit une boule de feu, comme un feu de Saint-Elme, leur tomber sur le crâne après s’être réparti en petites flammèches. Forts de cette douche pyrique, ils sont pris d’un irrésistible besoin d’annoncer la bonne nouvelle au monde entier.
Cette description un peu cavalière est concrètement reprise dans nos représentations picturales. Dieu a cette bienveillance à notre égard qu’il sait associer à un sens spirituel, forcément invisible, les images qui conviennent à notre compréhension. Or le texte nous dit qu’il s’agit de « langues » de feu, pas forcément des flammèches, mais d’un « langage » ardent qui vient sur les apôtres. Ce feu ne peut être que celui qui se nourrit en Dieu, de l’amour du Père et du Fils. Il est cette réalité débordante, intense, rayonnante, fruit du dialogue éternel du Père et du Fils, que nous nommons l’Esprit Saint. Ce n’est pas un hasard si les Apôtres parleront un langage nouveau, selon « ce que l’Esprit leur donnait ». Je ne remets pas en cause le miracle de parler d’autres dialectes, comme l’ont remarqué les pèlerins venus pour la Pentecôte juive à Jérusalem (v. 9), mais je le considère comme une conséquence et non le fondement de « ce langage de feu » donné aux Apôtres. La Pentecôte n’est pas le récit de l’application d’une méthode Assimil ultra-rapide.
Cette petite précision nous interroge sur notre propre capacité à parler ce langage de feu. Sollicitons-nous l’Esprit Saint ? Nous pouvons constater que par eux-mêmes, les Apôtres sont réduits à la tiédeur et à la couardise. Mais avec l’Esprit Saint, c’est un langage nouveau qui déborde de leur bouche, un langage qui amène ceux qui l’entendent à toucher le feu qui brûle dans la Sainte Trinité.
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